Oeil Pour Oeil (Part. I : Le Contrat)


MLuneRougee voilà de nouveau en lieu sûr. Après quelques heures passées au temple de Shallya afin de me remettre d’aplomb, j’y laissai Rutger qui ne pourrait pas repartir avant plusieurs jours. Me voila donc de retour à mon point de départ, le Relais de la Lune Rouge, sans groom, avec pour ordre d’escorter un homme jusqu’au manoir de Grünewald dès le lendemain. A ce propos, Rutger m’apprit que je devais retrouver à l’auberge un certain Vern Hendrick, valet du seigneur des lieux, qui me guiderait jusqu’à son maitre. Adossée au préau de l’auberge, je croisai une jeune femme en tenue équestre. Ses cheveux blonds, coupés à la garçonne, lui donnaient un air sévère. Ses yeux clairs semblaient scruter le moindre mouvement alentour, au travers de la fumée fine que laissait échapper sa longue pipe. Je pénétrai dans la salle commune alors que la cavalière m’emboitait le pas. Profitant un instant du feu, je demandai au barman de m’indiquer ce Hendrick tout en me servant un verre. Il pointa l’une des alcôves.

Je m’apprêtai à écarter le rideau miteux quand des courbes féminines se mirent en travers de mon chemin. « Maelys Triskel, Patrouilleuse. Qui es-tu, et que fais-tu là ? » Je répondis à ce ton de défi d’une voix douce. « Dorian Spieluhr, Cocher d’ici et d’ailleurs. Je suppose que nous sommes venus voir la même personne. » Sur ces mots j’écartai le tissu et la laissai pénétrer le renfoncement. Nous étions devant un homme d’une quarantaine d’années, aux cheveux gris et clairsemés, les traits fatigués par trop de soucis. Il était vêtu d’un bel uniforme qui indiquait sa fonction de domestique tout en restant de riche facture. Sa main attira tout de suite notre attention car elle était couverte d’un bandage ensanglanté. La jeune voyageuse prenait son rôle très au sérieux. Elle interrogea le valet sur le même ton autoritaire et impatient qu’elle avait prit avec moi. Le vieil homme éluda rapidement la question de sa blessure, mettant en cause une attaque du manoir de Grünewald par des hommes-bête. De part mon expérience de la veille, je n’eu aucun mal à le croire. Il nous expliqua ensuite que son maître venait de prendre fonction dans le manoir, et qu’il n’avait aucune confiance envers les domestiques sur les lieux. Il craignait que son autorité ne soit pas reconnue et que les serviteurs de l’ancien propriétaire complotent contre lui. Prétextant avoir besoin de bras pour transporter ses malles dans sa nouvelle demeure, le seigneur désirait qu’une enquête soit menée quant aux intentions de ses gens à son égard, et cela dans la plus grande discrétion. Je compris alors que les bagages m’étaient destinés et que la présence d’un patrouilleur n’était en rien une coïncidence. C’était en effet le meilleur moyen pour régler une affaire de ce genre sans attirer l’attention des Répurgateurs, et de leurs méthodes plutôt bruyantes.

J’avoue que l’idée de voyager avec Fräulein Triskel n’était pas pour me déplaire. De part les récents évènements, je n’appréciais guère l’idée de traverser la Forêt d’Arden seul, et sa compagnie serait bien plus agréable que celle de Rutger et de sa bouteille. De plus je ne doutais pas que ses talents de persuasion seraient efficaces. Une fois l’affaire entendue, je demandais à Herr Hendrick de m’indiquer sur une carte notre prochaine destination afin que je puisse décider d’un itinéraire. Nous finissions la soirée en préparant le départ du lendemain, chargeant la diligence et vérifiant nos paquetages respectifs afin de partir aux premières heures du jour.

[auteurs : Talin, Prydein, Maelys]
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